À Kinshasa, plus précisément dans la baie de Ngaliema, l’urbanisation effrénée et incontrôlée, marquée par une prolifération alarmante de constructions illégales, exacerbe une crise sanitaire d’ampleur préoccupante. Loin d’être une simple infraction aux normes urbanistiques, cette situation met en péril les conditions de vie des habitants et menace gravement la santé publique.

C’est dans ce contexte de dégradation avancée que le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain SHABANI LUKOO BIHANGO, a conduit une importante délégation gouvernementale sur le terrain. Cette visite a permis de constater l’ampleur des dégâts causés par l’occupation illégale de zones sensibles, notamment les servitudes hydrauliques et les emprises destinées aux infrastructures d’assainissement.

Les constats sont édifiants : canalisations obstruées, égouts détournés ou recouverts par des constructions sauvages, voire supprimés. Cette occupation anarchique fragilise non seulement le système d’évacuation des eaux pluviales et usées, mais favorise également les inondations récurrentes, surtout en saison des pluies.

L’absence d’un réseau d’assainissement opérationnel a des conséquences directes sur la santé des populations riveraines. Les eaux stagnantes, mêlées d’eaux usées, deviennent des foyers de prolifération de vecteurs de maladies hydriques telles que le choléra, le paludisme ou encore la typhoïde. Les enfants et les personnes âgées en paient le prix fort, dans une indifférence quasi-généralisée.

Par ailleurs, l’environnement se dégrade à vue d’œil : l’insalubrité, conjuguée à l’insuffisance des services municipaux de ramassage des ordures, transforme certains quartiers en véritables dépotoirs à ciel ouvert. Le tissu urbain se désagrège tandis que la promiscuité aggrave l’exposition aux risques sanitaires.

Face à cette situation, un sursaut d’autorité s’impose. Il ne s’agit plus seulement de déplorer la situation, mais de prendre des mesures coercitives et structurelles. Les autorités doivent urgemment restaurer les infrastructures d’assainissement, démolir les constructions érigées en violation des lois, et lancer un plan rigoureux de réaménagement de la baie de Ngaliema.

Une synergie d’action entre les ministères de l’Urbanisme, de la Santé, de l’Environnement et de l’Intérieur est indispensable pour éviter que cette crise n’évolue vers une catastrophe humanitaire. À défaut, la capitale congolaise continuera de s’enfoncer dans un désordre urbain irréversible.

Deo NZUNGU

Banner Content

0 Comments

Leave a Comment