Dans une opération fulgurante, les étals informels qui encombraient l’avenue Kasa-Vubu, au cœur de Gombe, ont été dévastés ce mardi, sous les ordres directs du gouverneur de la ville, Daniel Bumba Lubaki. Un coup de balai qui intervient après des mois de tolérance aveugle, alors que les marchés sauvages prenaient possession des espaces publics, créant une situation d’anarchie urbaine.
Malgré l’apparente fermeté de l’action, l’Hôtel de ville a tardé à réagir, et ce n’est qu’aujourd’hui que la municipalité annonce la fin de cette occupation illégale. Dans un communiqué officiel, on évoque la démolition de ces marchés illégaux qui, depuis des mois, obstruaient les trottoirs et les voies publiques. Pourtant, des voix s’élèvent déjà sur l’inertie des autorités, qui n’ont agi qu’après l’enlisement total de la situation.
« Les emprises publiques ne sont pas des zones de commerce. Toute infraction à cette règle sera sévèrement sanctionnée », a déclaré le gouverneur lors de l’opération, un discours autoritaire qui, pour beaucoup, n’arrive que trop tard. Les conséquences de cette défaillance prolongée sont évidentes : routes bloquées, insalubrité généralisée, et caniveaux bouchés, transformant Kinshasa en une ville impraticable dès les premières pluies.
L’opération de nettoyage ne se limite pas à l’avenue Kasa-Vubu. D’autres artères telles que Rwakadingi et Itaga ont été prises d’assaut, et le gouverneur annonce que ce processus de « reconquête » s’étendra à l’ensemble des communes de la capitale. Mais pour beaucoup, cette annonce sonne comme une mesure palliative face à une crise systémique qui perdure depuis des années.
Plus préoccupant encore, le gouverneur a également averti les commerçants légalement établis : l’installation d’échantillons ou d’étals devant leurs devantures est désormais interdite, une décision qui soulève des interrogations sur le manque d’harmonisation dans la gestion de l’espace public.
Cet énième nettoyage urbanistique soulève une question cruciale : pourquoi l’administration a-t-elle laissé se multiplier ces marchés pirates pendant des mois, et pourquoi n’a-t-elle pas anticipé ces dérives ? Au-delà des opérations ponctuelles, Kinshasa semble être à la croisée des chemins : une réforme en profondeur du système de gestion urbaine est plus que jamais urgente pour endiguer la dégradation du cadre de vie des Kinois.
Henoc TSHITABI




