À Goma, la stupeur a laissé place à la consternation après qu’un jeune homme se soit pendu, visiblement accablé par la défaite du FC Barcelone face à l’Inter Milan. Derrière ce drame, c’est l’engrenage des paris sportifs en ligne qui se dévoile, une pratique de plus en plus enracinée dans le quotidien de la jeunesse congolaise, souvent en quête de gains rapides et de sensations fortes.

Mais au-delà du choc, ce geste met en lumière une réalité plus inquiétante : l’absence criante de régulation du secteur des jeux d’argent et le vide en matière d’accompagnement psychologique des jeunes exposés à ces dérives. À Goma comme ailleurs, les plateformes de paris prospèrent sans garde-fous, exploitant une jeunesse vulnérable, confrontée au chômage, au désœuvrement et à une éducation financière quasi inexistante.

Dans les rues de la ville, l’émotion est palpable, mais aussi la colère. Certains dénoncent l’idolâtrie toxique autour du football, d’autres pointent du doigt l’irresponsabilité des autorités face à un phénomène qui gangrène les mentalités et détruit des vies en silence. Car ici, la passion du ballon rond se transforme trop souvent en dépendance, et l’échec d’un club devient, pour certains, une faillite personnelle insurmontable.

Ce drame, malheureusement loin d’être isolé, doit provoquer une prise de conscience collective. Il est urgent de réinvestir dans la santé mentale, d’intensifier les campagnes de prévention, et de mettre un terme à l’impunité dont jouissent certains opérateurs de jeux en ligne. Il en va de la protection des jeunes, mais surtout, de la sauvegarde d’un avenir que le désespoir ne devrait jamais briser.

Colette ZAÏNA

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