Dans la commune de Lemba, à Kinshasa, l’urgence est visible à l’œil nu : des rues impraticables, des ordures qui s’amoncellent, des caniveaux obstrués et une population livrée à elle-même. Face à cette situation critique, une question s’impose avec force : où est passé le bourgmestre de Lemba, et que fait-il pour répondre à ces urgences urbaines ?
Le bourgmestre, en tant que représentant de l’État au niveau local, a pour mission d’assurer la salubrité, la sécurité, l’ordre public et l’entretien de la voirie urbaine. Il incarne l’autorité publique dans sa commune. Pourtant, sur le terrain, les habitants ne perçoivent ni présence, ni initiative, ni orientation stratégique. « C’est un représentant de l’État dans la commune. Son rôle est de mettre de l’ordre et de garantir la sécurité, mais aussi de s’occuper de l’hygiène et de la voirie », rappelle Dieu Merci Shamba, résident du quartier Livulu.
Dans les quartiers Masano, Gombelle, Mbanza-Lemba ou encore Mandrandelle, la détérioration du cadre de vie est frappante. À chaque pluie, les routes se transforment en véritables rivières, rendant la circulation quasi impossible. Les déchets, quant à eux, flottent librement au gré des flaques et obstruent les voies. La colère gronde. « C’est quoi le rôle d’un bourgmestre s’il ne fait rien ? Surtout celui de Lemba. Aucune initiative, aucun projet visible. On ne voit rien bouger », s’indigne Davina Mujinga, habitante de la commune.
Le mutisme du bourgmestre face à cette dégradation progressive du tissu urbain ne fait qu’alimenter l’indignation générale. Pour Vianney Mputu, jeune entrepreneur, les conséquences sont concrètes et pénalisantes : « La situation des chaussées est critique, rendant la circulation difficile. Certaines routes deviennent impraticables, isolant des zones entières. En tant qu’entrepreneur, je rencontre des difficultés pour effectuer mes livraisons et respecter mes engagements, tandis que l’État semble inactif ».
Même constat pour Merdi Shako, qui décrit un quotidien rythmé par l’insalubrité et le manque d’infrastructures : « Pas du tout, les routes sont délabrées. Quand il y a pluie, il y a débordement d’eau, plus de dégâts côté macadam, et après la pluie, les déchets flottent sur la chaussée ».
Aujourd’hui, les habitants de Lemba ne demandent pas l’impossible. Ils veulent des routes praticables, des déchets évacués, des caniveaux nettoyés et une administration présente, capable de dialoguer et d’agir. Ils appellent à une gestion plus transparente et proactive des ressources publiques. Le laisser-aller ne peut plus durer.
Lemba mérite mieux qu’une autorité absente. Il est temps de passer des promesses à des actions visibles.
Deo NZUNGU




