Depuis février 2025, les travaux de réhabilitation et de bétonnage de l’avenue Pigalle à Matadi, lancés en décembre 2024, sont inopinément interrompus, privant la cité portuaire d’un axe vital modernisé et engendrant un embouteillage permanent dans le quartier Kinkanda. Prévu pour couvrir 1 000 mètres entre le rond‑point RTNC et l’Hôpital général de référence, avec un délai initial de trois mois, le chantier n’a vu que 800 mètres concrétisés avant l’abandon des engins et des ouvriers.

Ce tronçon, censé desservir la maternité provinciale, l’église SacréCœur et le complexe scolaire Mgr Kembo, demeure partiellement inachevé : la portion menant à l’hôpital provincial reste en friche, transformant la chaussée en ornières boueuses et mettant en péril la fluidité du trafic. Résultat : transports scolaires retardés, ambulances ralenties, et une véritable désorganisation des circulations quotidiennes.

« Chaque matin, on s’entasse dans cette pagaille », soupire un riverain de Kinkanda, qui souhaite conserver l’anonymat.

Une mère de famille en convient : « Les bus évitent désormais cet axe, et nos enfants arrivent souvent en retard à l’école ».

Éric Nzau, porteparole du comité de vigilance des jeunes du quartier, interpelle les pouvoirs publics : « Nous ne réclamons pas l’impossible ; nous exigeons simplement la reprise immédiate des travaux, conforme aux engagements pris ».

Derrière cette suspension, plusieurs causes pointent leur nez : flou sur le calendrier de versement des fonds, absence de communication entre la province et la mairie de Matadi, et manque de contrôle des entreprises prestataires. L’opacité entourant la cadence des paiements compromet la bonne exécution des tâches et fragilise la confiance des citoyens.

L’avenue Pigalle n’est pas qu’une simple voie de transit ; c’est un maillon stratégique pour le désengorgement du trafic portuaire et pour l’accès rapide aux infrastructures sanitaires et éducatives. À ce titre, son état d’abandon constitue un handicap majeur pour le développement économique et social de Matadi.

Sans une réponse concrète et rapide de l’État, l’avenue Pigalle continuera de symboliser les dysfonctionnements de la gouvernance urbaine, au détriment de la population matadienne.

Henoc TSHITABI

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