Dans la commune de Ngiri-Ngiri, située dans le sud de la capitale congolaise, un phénomène inquiétant prend de l’ampleur : l’appropriation illégale de la voie publique par des véhicules en stationnement désordonné. De simples rues de desserte ou avenues principales se muent progressivement en parkings à ciel ouvert, au détriment de la fluidité du trafic, de la sécurité des piétons et de la qualité de vie des riverains.       

En effet, à défaut de parkings aménagés et surveillés, de nombreux automobilistes transforment trottoirs, ronds-points et abords de marchés en lieux de stationnement improvisé. Ce comportement, devenu coutumier, reflète non seulement l’inefficacité des politiques d’aménagement urbain, mais aussi le manque criant de régulation par les autorités compétentes. “Nous ne savons plus comment circuler, même à pied, car les voitures sont partout, même devant nos portes”, se lamente une habitante de l’avenue Ingende.

La situation est aggravée par l’absence de signalisation, le laxisme des forces de l’ordre et le silence complice de certains agents municipaux, parfois accusés de monnayer leur indulgence. Cette occupation illicite engendre également des conflits fréquents entre automobilistes, usagers de la route et commerçants, chacun revendiquant un droit d’usage sur un espace devenu une zone grise.

Par ailleurs, ce chaos routier favorise une dégradation accélérée des infrastructures. Les caniveaux sont bouchés par les déchets générés autour des véhicules, tandis que le bitume, conçu pour la circulation et non le stationnement prolongé, s’abîme sous le poids des véhicules lourds stationnés durant de longues heures.

Face à ce désordre grandissant, les urbanistes et spécialistes en mobilité urbaine appellent à la mise en œuvre urgente d’un plan directeur de stationnement. Celui-ci devrait inclure la construction de parkings publics structurés, l’instauration d’un système de tarification incitative et des mesures dissuasives contre le stationnement anarchique. De surcroît, une sensibilisation à l’éducation citoyenne en matière de respect de l’espace public s’impose comme une exigence prioritaire.

En définitive, l’occupation illégale des voies publiques à Ngiri-Ngiri n’est que le symptôme d’un dysfonctionnement urbain plus global. Tant que les autorités ne traiteront pas la question du stationnement comme un enjeu stratégique de gouvernance urbaine, Kinshasa continuera de suffoquer sous le poids de son propre désordre.

LA RÉDACTION

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