Le quartier Masisi, situé dans la commune de Ngaliema aux abords de l’UPN, vit un véritable cauchemar écologique. Chaque pluie transforme cette zone résidentielle en un champ de ruines, rongé par des érosions profondes et incontrôlées. Malgré la bravoure des habitants, livrés à eux-mêmes, la situation ne cesse de se détériorer sous le silence assourdissant des autorités.
Les routes sont éventrées, les fondations de certaines habitations fragilisées, et la circulation presque impossible. Les ruelles autrefois animées sont aujourd’hui devenues des ravins boueux, infranchissables, où piétons et véhicules s’enlisent. Le quartier se vide peu à peu de son énergie, étouffé par l’abandon et l’indifférence.
Face à cette lente agonie, les habitants de Masisi, sans aucun soutien logistique ou technique, se battent seuls. Ils déposent sacs de sable, pierres et matériaux de fortune dans l’espoir d’endiguer les flots destructeurs. Mais ces efforts, aussi courageux soient-ils, restent dérisoires face à la puissance de l’érosion.
« Nous sommes fatigués de crier dans le vide. Chaque saison pluvieuse est une menace. À ce rythme, il n’y aura plus rien à sauver », s’indigne un leader communautaire, les yeux rivés sur une pente devenue impraticable.
L’absence de réaction des autorités locales suscite colère et incompréhension. Comment un quartier de la capitale peut-il sombrer dans une telle détresse environnementale sans qu’aucune action d’envergure ne soit enclenchée ? L’urgence est manifeste, les signaux sont rouges, mais l’inaction demeure.
La population de Masisi, excédée par ce silence coupable, exhorte le gouvernement provincial à déployer en urgence des ingénieurs, des moyens techniques et un plan structuré d’assainissement. Car à ce rythme, c’est tout un pan de la commune de Ngaliema qui risque de disparaître.
Colette ZAÏNA




