L’inaction d’un officier supérieur de la police nationale congolaise face à un acte de criminalité manifeste a soulevé une vive indignation dans la commune de Lemba, en plein cœur de la capitale congolaise. En effet, le commandant d’un commissariat de police local a été interpellé mardi 29 avril 2025, suite à son absence de réaction lors d’un cambriolage survenu la veille à proximité immédiate de son poste. C’est ce qu’indique un communiqué officiel du commissariat provincial de Kinshasa consulté par nos soins.
Selon ledit communiqué, les faits se sont déroulés dans la nuit du lundi 28 avril, à quelques mètres seulement du bureau du commandant concerné. Pourtant, aucune intervention policière n’a été signalée, ni a fortiori un quelconque déploiement de ses hommes pour tenter de neutraliser les malfaiteurs ou sécuriser le périmètre. Cette négligence, qualifiée de « grave » par plusieurs observateurs, met en lumière les dysfonctionnements récurrents au sein des services de sécurité urbains.
« Concernant le cambriolage signalé dans la commune de Lemba, le commandant du commissariat où le fait a été commis est interpellé pour qu’il dise dans quelles conditions il n’a pas pu intervenir lors de cet événement qui s’est produit non loin de son bureau », précise le communiqué.
La soirée de lundi a également été entachée par un autre incident préoccupant : une brève mais palpable tension a été enregistrée sur l’avenue Libération (ex-24 novembre), à hauteur de la Haute École de Commerce, juste en diagonale du commissariat provincial de la PNC. Cette proximité avec les installations policières n’a toutefois pas suffi à prévenir ou contenir les actes de délinquance. Pour de nombreux habitants, cette situation illustre une faillite évidente du dispositif sécuritaire dans la commune de Lemba, déjà confrontée à une criminalité rampante.
Des voix s’élèvent désormais pour dénoncer le laxisme, voire l’impunité dont jouissent certains responsables de la police. « Comment peut-on expliquer qu’un cambriolage ait lieu sous les fenêtres d’un commissariat sans la moindre réaction ? Soit c’est de l’incompétence, soit c’est de la complicité passive », s’est insurgé un acteur de la société civile locale.
Face à ces défaillances, les autorités urbaines sont plus que jamais appelées à revoir la chaîne de commandement, à renforcer la formation des agents, mais surtout à instaurer une culture de responsabilité et de redevabilité dans les rangs de la PNC. Il est impératif que les postes de commandement soient occupés par des officiers compétents et engagés, capables de répondre efficacement aux urgences sécuritaires.
Dans un contexte où l’insécurité urbaine constitue l’un des principaux fléaux de la capitale congolaise, l’affaire de Lemba ne peut être banalisée. Elle doit, au contraire, servir de signal d’alarme pour rétablir la confiance entre la population et les forces de l’ordre.
Joël MOBIALA




