Le lundi 29 avril 2025, un nouveau drame sécuritaire s’est abattu sur la commune de Lemba, précisément à son célèbre carrefour commercial dit « Terminus ». Aux environs de 15 heures, en pleine effervescence urbaine, un groupe d’individus armés et encagoulés a fait irruption dans un commerce très fréquenté, semant la terreur parmi les clients et le personnel.
Selon des témoins oculaires, les assaillants, visiblement organisés, ont proféré des menaces avec leurs armes à feu, contraignant les occupants à se coucher au sol, avant de s’emparer d’une importante somme d’argent. L’attaque, d’une rare audace, a duré plusieurs minutes sans qu’aucune patrouille ou unité de police n’intervienne, malgré la proximité du poste de police local.
La scène s’est déroulée à un moment de forte affluence, dans un lieu stratégique de la commune, habituellement sous l’œil des forces de sécurité. Pourtant, c’est le silence radio qui a prévalu, accentuant un sentiment d’abandon parmi la population. Aucun agent en uniforme n’a tenté d’intervenir pendant ou après l’incident, selon les premiers récits recueillis.
« C’est incompréhensible ! Le poste de police n’est qu’à quelques centaines de mètres. On se demande à quoi ils servent », s’insurge un commerçant encore sous le choc. Pour beaucoup, cet épisode reflète une dérive grave : l’incapacité persistante des forces de l’ordre à assurer la sécurité dans les quartiers à forte densité.
Ce braquage n’est pas un fait isolé. Il s’inscrit dans une tendance alarmante d’insécurité croissante à Kinshasa, où les actes criminels à main armée se multiplient sans réponses appropriées. De Lemba à Matete, en passant par Masina ou Ndjili, les citoyens vivent désormais avec la peur au ventre, redoutant de tomber à tout moment dans l’engrenage d’une violence banalisée.
Les résidents de Lemba, exaspérés, interpellent les autorités provinciales et nationales sur la nécessité urgente de repenser les dispositifs de sécurité publique. Ils réclament non seulement une présence policière plus visible, mais aussi une réforme de fond pour restaurer la confiance envers les institutions de protection.
Face à cette insécurité galopante, les appels à l’action se multiplient. Associations de quartiers, commerçants, parents d’élèves et membres de la société civile exigent des mesures immédiates : caméras de surveillance, augmentation des effectifs, contrôles réguliers et surtout une rigoureuse évaluation du rendement des chefs de poste.
Lemba Terminus, carrefour économique et social, ne peut rester un espace vulnérable, livré à l’anarchie. L’incident de ce 29 avril doit marquer un tournant. L’heure est venue pour les décideurs de joindre les actes à la parole, car chaque minute d’inaction est une brèche ouverte pour le crime.
Joël MOBIALA




