Quand il pleut à Kinshasa, la capitale se transforme en un vaste marécage, révélant à chaque averse l’incapacité criante des autorités à protéger les citoyens contre les effets d’une urbanisation anarchique et d’une gestion urbaine défaillante.

Dans la commune de Kinshasa, particulièrement aux abords de l’Université Croix-Rouge, les pluies diluviennes paralysent toute circulation. Les habitants doivent affronter chaque jour des rues envahies par les eaux, transformant les trajets en épreuve physique et financière. Les étudiants, commerçants et travailleurs sont forcés de composer avec des moyens de transport rares, coûteux et dangereux.

 « Nous perdons beaucoup d’argent à cause du mauvais état des routes, surtout à Beau-Marché et à Kibambare. On dirait que rien n’est fait pour nous venir en aide », déplore un étudiant de l’Université Croix-Rouge.

Loin d’être un phénomène naturel isolé, les inondations sont devenues la conséquence directe du laxisme dans la gestion de la ville. L’absence de canalisations fonctionnelles, le manque d’entretien des routes, l’urbanisation non maîtrisée et le non-curage des égouts aggravent la vulnérabilité de la capitale. Le plus inquiétant reste le silence des responsables, à tous les niveaux.

Annoncé comme un plan de modernisation ambitieux, le projet “Kinshasa Ezobonga” peine à convaincre. Sur le terrain, les habitants ne voient aucun changement tangible. Les routes restent défoncées, les inondations continuent et la gestion reste approximative, voire inexistante.

Face à cette crise chronique, les autorités provinciales doivent sortir de leur inaction et faire preuve de volonté politique. Il est urgent d’adopter un plan d’assainissement cohérent, de lancer de véritables travaux d’infrastructures, de réguler l’occupation des sols et d’assurer une présence effective des services publics.

Les Kinois méritent mieux que des slogans. Ils attendent des actes concrets, durables et visibles.

Paterne MBOYO

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