Où sont les autorités ? Que font-elles ? Ces questions brûlantes résonnent dans les rues de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, où l’insécurité ne se cache plus. Elle s’impose désormais à la lumière du jour, dans une indifférence institutionnelle qui scandalise l’opinion publique.
Une vidéo glaçante circulant sur les réseaux sociaux révèle le dernier épisode d’une série noire : un braquage opéré en plein jour, par des hommes armés et à visage découvert. Un acte qui, loin d’être isolé, illustre une dynamique inquiétante : le recul manifeste de l’autorité de l’État dans sa propre capitale.
Le mardi 27 mai 2025, en plein cœur de la commune de Kasa-Vubu, une chambre froide située au croisement des avenues Gambela et Maringa a été violemment attaquée. Des individus lourdement armés ont opéré avec une facilité déconcertante, s’emparant d’une importante somme d’argent.
Le plus troublant : leur opération s’est déroulée sans intervention des forces de l’ordre, pourtant censées sécuriser ces zones à forte activité commerciale. Aucune réaction officielle n’a suivi. Pas de communiqué. Pas de conférence de presse. Rien, si ce n’est l’indignation populaire.
Cet acte ne fait que s’ajouter à une série de braquages perpétrés ces dernières semaines : à Lemba Terminus, un cambriolage spectaculaire a été signalé en plein jour ; à Bandalungwa, dans le quartier Bloc, un autre braquage a secoué les habitants en soirée. Les criminels semblent évoluer avec assurance, dans une ville devenue théâtre de l’impunité.
Face à cette escalade, un sentiment d’abandon gagne les Kinois. Les quartiers jadis animés sombrent peu à peu dans l’angoisse. La population, désarmée, se demande : qui sera la prochaine cible ? Quel quartier paiera le prix du laxisme sécuritaire ?
Il est devenu difficile de parler de « sécurité » à Kinshasa sans sombrer dans l’ironie. Quand les forces de sécurité brillent par leur absence, quand les enquêtes se limitent à des déclarations stériles sans débouchés judiciaires, le doute s’installe quant à la volonté réelle de l’État de protéger ses citoyens.
Ce vide sécuritaire crée une brèche dans la confiance civique. Les Kinois réclament plus que des promesses : ils veulent des résultats visibles. Ils exigent des patrouilles régulières, une présence policière effective, des arrestations rapides, et surtout, des autorités qui assument leurs responsabilités.
À ce rythme, la capitale congolaise risque de basculer dans une zone d’instabilité permanente, où la loi du plus fort remplace progressivement l’ordre républicain. Cette situation appelle une réaction urgente, ferme, et structurée de l’exécutif. Car l’insécurité, lorsqu’elle s’installe dans les habitudes, finit par ronger les fondements mêmes de la nation.
Le peuple n’en peut plus des enquêtes sans suite, des alertes ignorées, des fausses promesses de rétablissement de l’ordre. Il veut une rupture claire avec l’inaction. Il veut un État qui protège, pas un pouvoir qui observe.
Deo NZUNGU




