À Kimbembo, la terre se fissure en crevasses béantes, véritables blessures ouvertes que les habitants évitent avec une vigilance inquiète. Rien n’est plus stable dans ce quartier en proie à une érosion galopante. Par endroits, la route a tout simplement disparu, engloutie par les pluies incessantes et la progression implacable du sol qui cède. Les maisons, fragiles et précaires, s’effondrent une à une, emportées par ce terrain instable. « On vit au bord du vide. Le sol tremble, les murs se fissurent, mais personne ne vient », confie un habitant, dans la peur et l’angoisse, préférant garder l’anonymat.

L’avenue Cheval, tout comme Kimbembo, a été classée zone à haut risque. Ici, les nuits se transforment en longues veillées d’angoisse lorsque la pluie commence à tomber. Chaque grondement sourd du sol réveille la peur viscérale, et l’attente suspendue d’une fuite imminente. La terre menace de les engloutir, tandis que le silence assourdissant des autorités alimente cette peur grandissante.

Ce gouffre qui se creuse sous leurs pieds écrase des familles entières, vivantes mais terrifiées, qui se débattent avec l’angoisse permanente. La peur s’insinue dans les fissures des murs branlants, sous les toits vacillants, et surtout dans les cœurs angoissés. Kimbembo, autrefois vibrant et vivant, glisse lentement mais inexorablement vers l’abîme. Cette dégradation n’est pas une fatalité, mais le résultat d’une indifférence coupable.

L’érosion à Kimbembo est bien plus qu’une simple dégradation géologique. Elle est le miroir cruel d’un pays qui abandonne ses citoyens à leur sort, qui tourne le dos à ses responsabilités. Une société qui néglige la sécurité de ses enfants est une société qui s’effrite de l’intérieur. Et quand la terre craque, ce sont les fondations mêmes de la nation qui vacillent, menaçant de tout emporter avec elles.

Henoc TSHITABI

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