À Kinshasa, dans la commune populaire de Selembao, le quartier Mbala est aujourd’hui en proie à une érosion d’une violence inouïe. Tandis que les cratères se multiplient et que des habitations s’effondrent dans le vide, les autorités observent un silence assourdissant, plongeant les habitants dans une détresse totale.

Depuis plusieurs mois, la situation ne cesse de se dégrader. Des pans entiers de terrain se sont effondrés, emportant sur leur passage des maisons, des souvenirs, et l’espoir d’un lendemain plus sûr. Les riverains vivent dans une peur constante, guettant chaque nuit les grondements de la terre. Cette tragédie silencieuse, bien que dénoncée à maintes reprises, semble ne susciter aucun écho auprès des décideurs publics.

L’origine de cette catastrophe environnementale remonte, entre autres, à la rupture de la route Matadi au niveau de l’arrêt Zappé en février 2019, un incident qui avait brutalement interrompu les travaux de stabilisation amorcés à l’époque. Depuis, plus rien. Pas la moindre pelleteuse, ni un technicien, encore moins un projet de réhabilitation. L’abandon est total.

Pendant ce temps, la population de Mbala vit au rythme de l’érosion, dans un désespoir grandissant. « Chaque jour qui passe, nous rapproche un peu plus de la catastrophe », témoigne un résident, la voix empreinte d’inquiétude. Ce cri du cœur est partagé par des dizaines d’autres familles, aujourd’hui piégées entre l’indifférence des autorités et l’avancée inexorable du ravin.

Cette tragédie, pourtant évitable, met en lumière les profondes failles de gouvernance dans la gestion des catastrophes naturelles à Kinshasa. L’absence de plan de riposte, le manque de volonté politique et l’inaction des services techniques provinciaux illustrent un mépris inquiétant pour les conditions de vie des citoyens.

Face à cette urgence humanitaire et écologique, les habitants de Mbala réclament des actions immédiates. Il est impératif que les autorités, tant provinciales que nationales, mobilisent les moyens nécessaires pour stopper cette érosion, reloger les sinistrés et mettre en place des solutions durables. Car à force d’ignorer les signaux d’alarme, Kinshasa risque de s’éveiller un matin sur un drame de grande ampleur.

Henoc TSHITABI

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