Dans les rues de Kinshasa, un refrain revient sans cesse : « Mais que fait le gouvernement provincial ? » Face à une dégradation généralisée des infrastructures, les habitants de plusieurs communes se sentent abandonnés. À chaque coin de rue, l’asphalte cède la place aux flaques, aux ordures, et à l’indifférence. Le silence des autorités devient assourdissant.

Appelée également avenue de la Libération, cette artère relie des zones stratégiques de la capitale. Pourtant, entre la Mosquée centrale, la prison de Makala et le marché de Selembao, le décor est chaotique : chaussée éventrée, nids-de-poule géants, et circulation chaotique. Au Petit Pont entre Ngiri-Ngiri et Bandalungwa, les automobilistes doivent se contenter d’une voie unique. Le danger est constant, la mobilité ralentie, et la colère monte.

Sur l’avenue du Tourisme, surnommée Nzela Mayi, la situation est tout aussi critique. Les internautes lancent des appels désespérés au gouverneur Daniel Bumba et à l’OVD. En vain.

« Combien de cris faudra-t-il encore avant que vous réagissiez ? Cette route est un supplice quotidien », s’indigne un usager sur les réseaux sociaux.

Dans la commune de Lemba, le constat est amer. À Masano, Mandrandelle, Gombelle, la détérioration est généralisée. Caniveaux bouchés, routes transformées en rivières à chaque pluie, absence de ramassage d’ordures : la population accuse un bourgmestre invisible, dépassé par les événements.

« C’est quoi son rôle s’il ne fait rien ? On vit dans la saleté, on circule dans la boue, et lui, on ne le voit jamais », fulmine Davina Mujinga.

« Même livrer mes clients est devenu une épreuve, certaines avenues sont totalement inaccessibles », ajoute Vianney Mputu, un entrepreneur local.

Au niveau de Masina Plazza et de Kin Marché, le boulevard Lumumba, censé incarner le visage moderne de Kinshasa, offre un spectacle désolant.

« Chaque fois que le président passe par ici, je me demande s’il réalise ce que nous vivons au quotidien », déclare un habitant.

Les taxis évitent certaines zones. Des tronçons entiers sont impraticables. Le contraste est frappant entre l’ambition d’une ville internationale et la réalité de ses routes.

Vers Casi Matete, même tableau. Routes défoncées, quartiers à l’abandon, aucune trace d’un projet de réhabilitation. Les habitants s’interrogent :

« Le président ne peut pas tout faire. Il y a un gouverneur, des bourgmestres, des responsables. Qu’attendent-ils ? Qu’on sorte dans la rue ? »

Aujourd’hui, les Kinois sont épuisés. Ils ne demandent pas des discours, mais des actes.

Le gouverneur Daniel Bumba et son équipe doivent cesser de fuir leurs responsabilités. Gouverner, c’est agir. Et agir, c’est maintenant.

Deo NZUNGU

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