Alors que le monde commémore la Journée des orphelins du SIDA, la République Démocratique du Congo se retrouve confrontée à deux urgences humanitaires criantes, révélatrices de failles profondes dans la protection sociale et la gestion sanitaire. D’une part, des milliers d’enfants privés de repères familiaux, et d’autre part, une flambée de choléra qui met en évidence les limites du système de santé publique à Lubumbashi.
Sous le thème évocateur « Orphelins, mais pas seuls », les autorités sanitaires ont rappelé l’importance de ne pas abandonner ces jeunes survivants du VIH/SIDA. Pourtant, sur le terrain, la réalité reste alarmante : nombre de ces enfants continuent de vivre dans une précarité extrême, sans soutien psychosocial structuré, sans accès régulier à l’éducation ni à une prise en charge adéquate. Le tissu associatif, souvent débordé, peine à pallier les défaillances d’un État encore trop passif dans la réponse sociale à cette problématique.
Dans le même élan de vulnérabilité, la ville de Lubumbashi, capitale économique du Haut-Katanga, affronte une résurgence sévère de l’épidémie de choléra. Depuis le début de l’année, 565 cas ont été officiellement enregistrés, dont 10 décès. Les zones sanitaires de Kampemba, Katuba et Kisanga sont les plus affectées, avec des centres de traitement débordés certains dépassant un taux d’occupation de 120 %. Ces chiffres traduisent une réponse sanitaire inadaptée et mal anticipée, malgré les alertes récurrentes.
Le ministre provincial de la Santé, Joseph Sambi Bulanda, en visite dans les structures les plus touchées, a reconnu l’ampleur de la crise : « Le choléra sévit encore dans nos zones. Nous avons connu une recrudescence après les fortes pluies de Pâques ». Toutefois, en dépit de la gratuité annoncée des soins, les populations dénoncent le manque de moyens matériels, la pénurie de personnel qualifié et l’inefficacité des campagnes de sensibilisation à l’hygiène.
Face à cette double détresse celle des orphelins du SIDA abandonnés à eux-mêmes et celle des communautés menacées par le choléra, le gouvernement appelle à une mobilisation collective. Cependant, au-delà des slogans, c’est une volonté politique ferme, des investissements durables et une réforme structurelle de la santé publique qui sont attendus.
« Engageons-nous pour un avenir où chaque enfant trouve sa place, sans exclusion, et où chaque vie est protégée contre les fléaux évitables », a déclaré un représentant du ministère. Mais pour que ces paroles prennent corps, elles doivent s’accompagner d’actes tangibles.
Deo NZUNGU




