Depuis plusieurs mois, l’entrée principale de l’Université Pédagogique Nationale (UPN) à Kinshasa se transforme en véritable dépotoir à ciel ouvert. Devant les grilles de cet établissement prestigieux, s’amoncellent, chaque matin, des amas de déchets hétéroclites, plastiques, cartons et débris divers jetés ou déposés sans discernement. Cette situation, d’origine mystérieuse selon les commerçants installés à proximité, suscite inquiétude et indignation tant chez les étudiants que chez les passants.

D’emblée, l’absence d’un circuit structuré de collecte et de gestion des ordures apparaît comme la principale lacune. En l’absence de bennes adéquates ou d’équipes de ramassage régulières, les détritus s’entassent inexorablement, obstruant trottoirs et voies d’accès. Par conséquent, le cadre de vie et d’étude se dégrade, affectant la santé publique et ternissant l’image de cette institution académique de renom.

Joshua, cambiste opérant aux alentours, témoigne :

« Chaque matin, c’est la même surprise : on découvre de nouveaux tas de déchets. Personne ne sait d’où ils ne viennent ni à quelle heure ils sont déposés ».

Cette problématique met en lumière le manque de coordination entre les services municipaux, l’administration universitaire et les commerçants locaux. En outre, l’absence de dispositifs de sensibilisation auprès des usagers aggrave le phénomène : faute d’information et de sanction, certains riverains considèrent l’emplacement comme une décharge improvisée.

Face à cette détérioration, les appels se multiplient. D’une part, les étudiants exigent un assainissement immédiat des abords de l’université ; d’autre part, les voisins réclament l’installation de poubelles collectives et la mise en place d’un plan de collecte périodique. Enfin, les défenseurs de l’environnement insistent sur l’importance d’une stratégie durable : campagnes de sensibilisation, partenariats publicprivé pour la gestion des déchets et contrôle rigoureux des dépôts sauvages.

Il est donc urgent que les autorités locales, en concertation avec la direction de l’UPN et les acteurs de la société civile, élaborent et appliquent un protocole d’assainissement global. Car, audelà de l’aspect esthétique, c’est la qualité de l’environnement et la santé de toute une communauté académique qui sont en jeu.

Colette ZAÏNA

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